Violence, sexe et politique

Voici une chronique émoustillante. Tout bon roman requiert quatre ingrédients : de la religion, du sexe, de la noblesse et du mystère.
En une phrase, un bon roman commencerait par : « Dieu, dit la comtesse, je suis enceinte et je ne sais pas de qui ».
Rien d’étonnant que les humains organisent leurs sociétés autour de ces faits et de ces concepts qui les occupent.
La mode, qui n’est que ce qui se démode, commande aux médias et aux présidents qui y trouvent un utile dérivatif une occasion de déclamer sur la violence, le harcèlement, les comportements prédateurs des hommes sur les femmes.
Par-delà l’écume tapageuse de l’actualité officielle, tentons d’aller à la racine du défi.
Constatons le fait que la nature sélectionna parmi ce que le hasard lui offrit, pour la reproduction des individus, les échanges de gènes, donc la procréation par accouplement et la sexualité. Pour obtenir ce résultat, Dame Nature assortit l’acte procréatif de la sensation de plaisir sans laquelle aucun être vivant n’aurait songé à s’accoupler et il n’y aurait pas eu d’échanges génétiques.
L’animal humain se trouve soumis au même régime que tous les êtres vivants supérieurs.
Il subit une pulsion sexuelle, source de plaisir. L’affaire est purement biologique et universelle.
Or, confronté à l’angoisse de sa finitude, l’humain s’inventa des dieux en garantie d’un arrière-monde consolateur.
Le problème est qu’il fallait satisfaire ces dieux en leur offrant, en guise de soumission, des sacrifices humains ou animaux, puis, avec le monothéisme, le sacrifice de ses propres plaisirs, car la souffrance est rédemptrice et le plaisir coupable.
Les religions névrosèrent le monde en inventant une culpabilité originelle et inexpiable.
Dès lors, la sexualité source de plaisir devint le point de fixation des doctrinaires, contempteurs de la chair, chantres de l’ascétisme, de la mortification, de la pénitence.
La femme tentatrice devait être voilée, à l’origine dans la plupart des religions. Elle était tenue en infériorité car impure. L’homme devenait un prédateur de cette inférieure, de cette incomplète, souillée lorsqu’elle cessait d’être vierge.
Nous n’en sommes plus là, du moins pour les esprits avancés,  mais n’oublions pas que nous en venons.
Aujourd’hui, vous lirez dans vos journaux d’étranges vérités partielles qu’il conviendrait de dépasser.
Ainsi, les médias radotent : « La violence faite aux femmes est intolérable ». Bien sûr. Mais, « la violence faite aux enfants est intolérable », ce qui est tout aussi évident.
Et, « les violences faites aux malades hospitalisés, aux vieillards dépendants » ne sont pas davantage admissibles.
Enfin, « la violence faite aux animaux est intolérable ».
Alors, où réside l’erreur du battage médiatique ?
En ceci qu’une éthique nouvelle, dépassant ces vérités partielles, sexistes ou spécistes, doit énoncer : TOUTE VIOLENCE FAITE À UN ÊTRE SENSIBLE EST INTOLÉRABLE.
Quant à l’éthique nouvelle devant fonder la sexualité humaine, post-monothéique, exempte de culpabilité et de rapports de domination/prédation, elle repose
sur le libre consentement des individus.
Le consentement libre et éclairé justifie tout. La contrainte, la violence vicient tout.
En conséquence, les individus peuvent vivre comme ils l’entendent, sous réserve de respecter la liberté d’autrui et de fonder leurs relations sur le contrat, simple rencontre des volontés.
Seules la pédophilie, la zoophilie, la nécrophilie (cela existe) ne sont pas conformes à cette éthique d’émancipation, parce que les enfants, les animaux et les morts ne peuvent pas consentir de manière libre et éclairée.
Dans notre société qui vient de loin, les concepts ne sont pas énoncés clairement.
Le puritanisme, très puissant aux USA, la guerre des sexes, aussi stupide que toutes les guerres, l'injonction d'uniformité, le refus de la riche hétérogénéité des êtres polluent la réflexion politique.
Fondons une société sur le respect de tout être vivant, c’est-à-dire sur le respect de ce qu’il est, de ses besoins, de ses goûts, une société qui récuse à la fois la violence et la culpabilité puérile, une société sans proie et sans prédateur au sein de notre espèce, une société apaisée, émancipée, bienveillante envers tout être vivant qui concilie diversité et altérité.
C’est tout-à-fait possible. Il suffit de soigner la névrose de ce vieux monde.


Gérard CHAROLLOIS

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