A propos de bioéthique

Pendant des siècles, l’évolution des techniques changea le cadre et les conditions de vie des humains.
Avec la révolution biologique en gestation, ce ne sont plus les moyens d’actions sur le monde qui changent, mais l’humain lui-même, changé par l’humain.
Déjà la filiation est subvertie par la médecine reproductive et par la recherche génétique de paternité et de maternité.
Demain, la maladie, le vieillissement et la mort seront partiellement maîtrisés.
Face à ces conquêtes, deux attitudes irrationnelles s’observent dans la société contemporaine : une foi béate, sur le thème « tout nouveau, tout beau » ou inversement une phobie de la complexité et de l’insurrection contre le mal et sa résignation.
Ces deux attitudes unies dans leur puérilité, fruits de l’ignorance, méritent une réfutation non pas idéologique mais pédagogique et rationnelle.
Définissons dès l’abord, puisque nous parlons de bioéthique, donc d’éthique, le bien et le mal.
En présence d’un fait quelconque, le « bien est ce qui ajoute du bonheur, de l’absence de trouble, du plaisir au monde". Le « mal est ce qui ajoute de la souffrance, détresse, angoisse et qui ne rachète rien, puisqu’il n’y a rien à racheter".
C’est au prisme de cette éthique qu’il convient d’évaluer les faits sociaux, les innovations.
Or, victimes des vieilles lunes doloristes mythologiques qui façonnent encore trop souvent notre socle de valeurs, les lois bioéthiques de 1988, 1994, 2004, 2011 édictent des normes relatives aux modes de procréation médicalement assistée, à l’encadrement de la recherche, au sort des embryons surnuméraires, aux expertises génétiques en matière de filiation, imposant des restrictions quasi-superstitieuses à la recherche et en passant sous silence d’autres problématiques éthiques.
Sans commenter exhaustivement toutes ces dispositions, je formulerai quelques critiques dans un esprit biocentrique.

La procréation :

La procréation médicalement assistée permet à des couples naturellement stériles d’avoir un enfant. Prochainement, la France devrait autoriser cette technique aux couples de lesbiennes qui, actuellement, à défaut d’une insémination à l’ancienne par un copain complaisant, doivent se rendre en Belgique pour recevoir un don de sperme, puis faire adopter l’enfant par la conjointe, mesure possible depuis la loi du 17 mai 2013 ouvrant, fort opportunément, le mariage et donc l’adoption aux couples de même sexe.
Je pense que cette technique et ce droit vont dans le sens d’ajouter du bonheur au monde et je l’approuve.
Mais existe une objection tenant à ceci : les enfants nés d’une procréation médicalement assistée avec tiers donneur, au sein d’un couple hétéro ou homosexuel, souffrent presque toujours du fantôme de leurs géniteurs anonymes. Tout être est la conjonction d’une hérédité biologique et d’un environnement.
Il est fâcheux de priver un individu d’une identité biologique, d’une ascendance connue.
Alors, il faudrait concilier la filiation médicalisée avec une masse d’informations sur le donneur de gamètes : santé, origine géographique, niveau d’études, profession.
Droit à l’enfant, oui, mais d’abord droit pour cet enfant d’avoir une ascendance biologique.
Droit aussi, pour une femme, de ne pas être assignée à la maternité dans un monde désormais surpeuplé !

 La recherche :

Grand absent des lois bioéthiques teintées d’anthropocentrisme, l’animal demeure ici un « matériel de laboratoire ».
Or, la recherche médicale contemporaine sera de moins en moins celle d’un Claude BERNARD, tributaire d’expériences sanglantes pour déchiffrer les lois de la physiologie.
La recherche portera de plus en plus sur la chirurgie génique qui permettra de maîtriser l’apoptose cellulaire, le raccourcissement des télomères, c’est-à-dire les mécanismes qui génèrent cancers et vieillissement des organismes.
En conséquence, l’éthique biomédicale doit intégrer deux paramètres :
- L’animal est un être sensible qui possède un intérêt légitime à ne pas être maltraité, torturé, tué pour des expérimentations cruelles et non essentielles;
- Les cellules embryonnaires ne sont pas des êtres dotés de la conscience d’exister et peuvent supporter les recherches nécessaires à faire reculer la souffrance physique et morale et la mort.
Cette éthique est rationnelle, empathique envers le vivant, débarrassée des scories des mythologies farfelues divinisant les cellules humaines et niant le droit des grands singes, des chiens, des rats à ne pas subir l’horreur de certaines expériences non indispensables.

L’invraisemblable droit de mourir dans la dignité !

Y aurait-il des morts indignes ?
Cette revendication me surprendra toujours par sa formulation.
La liberté étant le principe absolu, admettons un droit au suicide assisté pour ceux dont la volonté est libre et éclairée, l’individu étant le seul juge de la valeur de sa vie à être vécue ou interrompue.
En revanche, mourir n’est pas une option couramment exercée en toute liberté !
L’expérience de la vie nous enseigne que ceux que nous aimons et qui furent victimes du cancer, des leucoarioses  ne demandaient qu’à vivre. Rares sont ceux qui aspirent au développement de maladies cruelles et invalidantes.
Dès lors, plutôt que de brandir un « droit à mourir », je souhaite que la société de demain offre aux individus un « droit de vivre dans la dignité » et que nul ne meurt plus que par suicide, c’est-à-dire par choix.
Je n’adhère pas à la théorie du « dessein intelligent », dernier avatar des théistes, qui voudrait que l’aventure de la vie sur terre ait une finalité préétablie par un grand architecte. Mais si la vie avait un but dont les espèces et les êtres ne seraient que les moyens de l’atteindre, ce serait celui-là : en finir avec la finitude.
Le biocentrisme sera toujours le parti de la vie.
Encore, une révolution !
Celle qu’appelait de ses vœux notre regretté ami François CAVANNA, auteur de « Stop crève ».

Gérard CHAROLLOIS

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