La France fut longtemps peuplée de paysans.
Les pouvoirs publics y subventionnaient davantage l’élevage de montagne et les maïssicultures que les innovations électroniques.
Il fallait produire du cochon, du blé et des choux-fleurs pendant que d’autres, ailleurs, produisaient des composants, des microprocesseurs, des téléviseurs puis des smartphones.
On ne fabrique plus d’électronique en France et le savoir industriel se perd, ici, mais on vend du mouton, du blé et des betteraves.
Pour faire de la politique en France, Jacques CHIRAC, grand maître en la matière, vous aurait expliqué qu’il suffisait de savoir « taper sur le cul des vaches » !
On apprenait aux petits enfants de France que « le paysan était l’homme qui nourrissait les hommes ».
Députés, sénateurs, préfets, ministres, flattaient le « campagnard » ce qui ne les dispensait pas d’un peu de mépris qui les consolait de leurs génuflexions devant le monde agricole. Naguère,
 on enseignait même aux écoles de police et à l’école de la magistrature que lors d’une manifestation d’agriculteurs, il ne fallait rien faire si un commissaire était peint en blanc et une préfecture décorée au lisier de porc.
La paix publique était au prix de ces reculades de la loi et de l’Etat.
Cette mansuétude ne bénéficiait guère aux salariés et aux étudiants.
Aussi, les protestations agricoles dégénéraient souvent en émeutes couvertes d’immunité syndicale de label FNSEA et apparentés.
Les bureaux de madame VOYNET, ministre de l’environnement en 1999, furent victimes de ce syndrome bien français. Nul ne fut inquiété pour ce saccage anti-écolo !
Mais le monde et les temps changent et l’exploitant agricole devient victime de l’hubris de l’agroproductivisme.
Le nombre des exploitants confine à une relative marginalisation d’un groupe social tout puissant il n’y a qu’une cinquantaine d’années.
La concentration, l’augmentation des rendements, la nécessité d’abaisser sans cesse les coûts de production sous la loi du Marché tuent le monde agricole victime d’une politique dont il est
 l’ardent défenseur.
Ne voit-on pas la FNSEA soutenir les projets de fermes–usines ?
Or, une ferme–usine remplacera plusieurs centaines de producteurs « à l’ancienne ».
C’est la loi du Marché, du libéralisme économique, de la droite qui se confond avec la FNSEA.
Cette agriculture intensive, chimique et mécanisée a fait disparaître 80% des insectes, 40% des oiseaux. Elle a arasé les haies, comblé les mares, empoisonné les sols et les eaux et elle exige
 toujours davantage d’aseptisation de la nature vouant sangliers, cervidés, renards, fouines, lynx et loups à une guerre d’extermination.
Il faut comprendre d’où vient ce monde agricole.
Pendant des siècles, l’homme dut protéger ses récoltes et productions de la terre des prédations. Le paysan était en lutte farouche contre les « mauvaises herbes » et les bêtes sauvages ravageuses
 de récoltes et consommatrice d’animaux d’élevage.
La Nature était une ennemie à laquelle il fallait arracher la subsistance.
Aujourd’hui, la Nature nous menace encore, mais non par sa luxuriance, sa générosité, sa présence, mais par sa mort.
Il convient donc d’inverser un processus mental et culturel sur lequel fonctionne encore trop « d’exploitants agricoles ».
Les pesticides, la suppression des plantes libres et de la faune deviennent les ennemis du vivant.
Désormais, il faut aimer, protéger, respecter la nature si nous ne voulons pas vivre sur une terre morte.
Un divorce moral est survenu entre les contemporains et les ennemis de la terre qui n’ont pas compris que la montagne n’est pas un parc à moutons, un marais un champ de maïs et qu’il est du
 devoir de l’homme de se réconcilier avec les autres formes de vies.
Sans doute, dans l’intérêt général, vaut-il mieux subventionner des loups que des moutons !
Voilà qui n’aurait pas pu être énoncé au milieu du siècle passé.
S’il est encore iconoclaste de le dire, cette vérité s’imposera demain.
Peut-on en finir avec « l’agribashing » ?
Oui, si l’homme de la terre sait se réconcilier avec l’animal, être sensible et avec la nature.
Alors, encore un effort messieurs du biocide, du piège et du fusil qui êtes les mêmes !

Gérard CHAROLLOIS

Le samedi 5 octobre, tous les amis du vivant prirent part, d’une manière ou d’une autre, à la manifestation annuelle et nationale contre la chasse.
Ceux que la maladie frappa et qui ne purent pas être présents étaient dans nos cœurs.
Bien sûr, la presse sélective dans ses fantasmes passa sous silence cet événement préférant promouvoir les manifestations de réactionnaires.
La France Insoumise, les VERTS, le Parti Animaliste nous apportèrent leur soutien et nous savons que pour abattre la féodalité antidémocratique du monde de la chasse, il conviendra d’unir toutes les forces de mieux.
Notre cortège enthousiaste croisa vers la place de la République un cortège de Gilets Jaunes et nous pûmes fraterniser sur le thème de l’union des défenseurs du peuple français, des animaux, de la nature contre la Macronie qui sert les chasseurs et tous les lobbies.
La presse ment pour servir le pouvoir en dissimulant que la mobilisation citoyenne reste active malgré la propagande anesthésiante et l’instrumentalisation de la violence et de la peur.
Ainsi que je l’indiquais à la tribune, paraphrasant SIEYES, « Qu’est-ce que la chasse ?
Tout dans l’État.
Pas grand-chose dans la société.
Que doit-elle devenir ?
Disparaître ».
L’an passé, la DORDOGNE comptait 19.700 chasseurs. Cette année, ils sont dans ce département 19.200, soit 700 de moins.
Et combien sont-ils à l’échelon national ?
Le nombre est bien évidemment secret.
Le lobby corporatiste hérité de l’ordonnance PETAIN du 28 juin 1941 ne tient pas à ce que l’on mesure sa faiblesse.
Chaque année, ce nombre diminue et on peut objectivement l’évaluer à environ 800.000.
Militants du vivant, l’an prochain vous serez présents à PARIS pour dire non à la chasse, le samedi 10 octobre 2020.
N’oubliez pas que seuls valent ceux qui savent être debout !
Vous viendrez à la manif pour le vivant et peut-être encore vos successeurs, jusqu’au jour où le loisir de mort sera aboli, ce qui ne manquera pas d’advenir !

Gérard CHAROLLOIS

Si « la chasse endeuille toujours nos automnes » comme l’énonçait Marguerite Yourcenar, réjouissons-nous de son inéluctable extinction par perte d’effectifs de ses adeptes.
Bien moins d’un million trois cent mille comme le proclame la mensongère propagande du lobby, le loisir de mort recueille sans doute environ huit cent mille pratiquants, nombre soigneusement dissimulé par les dirigeants cynégétiques en mal de fièvre obsidionale et soucieux de maintenir sous influence une classe politique indigente qui devance les plus nocives exigences des chasseurs.
Malgré une forte propagande, malgré la réduction de moitié du coût du permis de chasser, l’art de tuer ne séduit plus guère.
Ce déclin s’explique par des raisons matérielles : les espaces naturels propices à la chasse se réduisent avec l’urbanisation, les infrastructures, l’assèchement des zones humides, tandis que la faune disparaît et s’artificialise.
Les rituels guerriers, le goût des armes à feu et d’une relative violence inhérente à l’activité chasse sont passés de saison.
Mais l’essentiel est moral. Nos contemporains souhaitent établir avec l’animal et la nature un autre lien que celui de la guerre d’extermination.
Chacun sait qu’un animal est un être sensible et que la nature se meurt. Plus question de cribler de plombs un être sensible et de participer au massacre de la biodiversité.
Reste quelques irréductibles qui aiment tuer.
L’abolition de la chasse loisir serait souhaitée par une majorité de citoyens.
Le monarque, entouré par sa cour d’oligarques et de mondains conservateurs, vit en rupture avec les aspirations démocratiques et se trouve prisonnier d’une frange ringarde de la société avec son petit monde de banquiers, d’écoles « sélectes » où se perpétuent les copinages et les mœurs de grands-veneurs.
Les gouvernants osent parler d’écologie à tous les peuples de la terre mais, en violation du droit, prorogent la chasse des oies en février, permettent le tir des courlis, des tourterelles des bois, le piégeage des petits oiseaux à la glu, les tirs de loups et tous les modes les plus cruels de chasse à l’instar des déterrages.
Un esprit léger pourrait s’interroger sur mon opposition à ce loisir déclinant de ruraux et de financiers snobinards.
Pourquoi débattre sur ce sujet marginal et ce d’autant que l’homme exerce, par ailleurs, d’autres violations du respect qu’impose le caractère sensible de l’animal ?
C’est qu’en notre temps et ici, en Europe, la chasse allie la souffrance et la mort d’un être et la récréation d’un tueur.
La faim ne fait pas sortir le chasseur de son logis pour procurer une quelconque nourriture à sa famille.
Chasser, ici et maintenant, c’est tuer par pur plaisir.
En cela, l’activité chasse rejoint dans l’abjection éthique la corrida où un animal est torturé pour la réjouissance de sadiques.
Chasse et tauromachie insultent la dignité humaine puisqu’il n’y a pas de dignité sans respect de l’autre et sans révolte face à la mort.
La mort est un scandale.
Tout ce qui vit la rejette d’où l’invention de la « vie éternelle » par les religions.
Cette promesse de négation de la mort assura, durant des millénaires, le triomphe de la doctrine du salut mystique.
De nos jours, cette promesse perd de sa crédibilité pour la plupart, d’où de nouveaux défis pour pallier au scandale de l’anéantissement de l’être.
J’effleure ici de grandes questions en relation directe avec l’acceptation ou le refus de la chasse loisir.
Supprimer une vie ne doit pas se faire sans une immense émotion et une profonde douleur morale.
Il faut une indécrottable infirmité du cœur pour ne pas le comprendre.
Nos dirigeants politiques sont-ils médiocres ?
Ils répondent à cette question avec éclat par la chasse.

Gérard CHAROLLOIS

Pour moi, toute forêt est une église verte, un temple, un sanctuaire que je n’aborde qu’avec respect et discrétion car, homme, je me sais importun en ce lieu.
La forêt équatoriale représente par sa luxuriance de vies ce que la nature crée de mieux.
Or, l’homme souille tout, dégrade, domine, exploite, viole tous les sites de la terre depuis les sommets des montagnes aux profondeurs de l’océan, des pôles aux forêts primaires du cercle tropical,
des estuaires aux falaises escarpées.
Son esprit débile d’enfant aventureux le pousse à fouler la planète sans avoir la sagesse de « foutre la paix » à des secteurs épargnés de sa nocive présence.
Victimes des éleveurs et des planteurs de soja du Brésil, l’Amazonie brûle. Des milliers de foyers sont allumés et les feux débordent sur les pays voisins dévorant faune et flore.
Bien sûr, partout sur la terre des brasiers dévorent la forêt en Sibérie, sur la grande Canarie, en Californie, au Canada, au Portugal, en Afrique du Nord, en Grèce et ici, dans le Sud-Est
où un criminel a été arrêté la semaine passée.
Mais au Brésil, encouragés par les éructations du président BOLSONARO contre les écologistes gauchistes, les exploitants agricoles se sont lancés cette année dans une campagne d’incendies massifs sans précédent au monde.
Il n’est pas fréquent que j’approuve la parole du président MACRON. L’honnêteté intellectuelle dont je ne me départirai jamais m’oblige à savourer ses propos à l’encontre du dirigeant affairiste
et réactionnaire du douloureux Brésil qui a perdu beaucoup en perdant l’ancien président LULA favorable aux gens modestes et à une meilleure préservation de la forêt amazonienne.
J’avais d’ailleurs alerté mes amis lecteurs sur les conséquences déplorables pour la nature et pour le peuple brésilien de l’élection d’un nostalgique de la dictature militaire qui sévit dans
ce pays de 1964 à 1984, d’un émule de Donald TRUMP.
Il conviendrait pour dissuader les incendiaires, d’une part de réprimer leurs crimes avec la sévérité qu’appelle l’horreur de leurs actes et, d’autre part, de prohiber toute exploitation des
zones incendiées.
Il va de soi que l’Europe ne saurait soutenir l’agriculture des fossoyeurs de la biodiversité en ratifiant le traité de libres échanges avec les pays d’Amérique du Sud qui ne protégeraient pas leurs forêts.
Le président MACRON le dit.
Souhaitons que ce ne soit pas qu’un coup de menton, mais une attitude résolue.
Et puis, il est beau, grand et noble de parler ainsi sur la scène internationale, mais alors, pourquoi autoriser le massacre des courlis en France ? Pourquoi ne pas abolir la chasse, ce fléau
qui anéantit nos oiseaux et mammifères ? Pourquoi ne pas faire la guerre aux pesticides agricoles qui empoisonnent l’entomofaune ? Pourquoi autoriser des grands travaux publics dévastateurs de sites, alors que les routes et les ponts existants ont besoin de rénovations ?
Parler, c’est bien. Agir, c’est mieux.
Or, en France, le pouvoir politique sert les ennemis de la terre et sacrifie la nature aux lobbies funestes de la chasse et de l’agriculture polluante.
Je l’ai déjà écrit : l’organisation mondiale du commerce devrait ajouter à sa charte un volet de protection de la nature et du climat avec un tribunal susceptible d’infliger des pénalités financières
aux états qui nuisent à la survie de la biodiversité.
Et quand dressera-t-on un nouveau "tribunal de NUREMBERG" pour juger les écocideurs ?
Pour cela, hélas, il faudra attendre encore.

Gérard CHAROLLOIS


Habitués à la servilité des petits personnages médiocres de la classe politique, les lobbies perdent bien souvent le sens de la mesure et oublient que l’état de droit borne leurs exorbitants privilèges.
C’est que les lobbies de la chasse, de l’agriculture, de l’industrie ou des travaux publics pèsent lourd sur les élus.
Ainsi, une récente anecdote illustrera mon propos.
Les exploitants d’un centre commercial à l’enseigne SUPER U massacrèrent des animaux lors d’un safari exotique et, fiers de leurs exploits, en firent profiter universellement les visiteurs d’internet.
Grand mal leur en prit.
D’innombrables amis des animaux, de la nature et des esprits conscients de la dignité humaine protestèrent à l’encontre de tels comportements que nous souhaitons voir disparaître.
Rendons hommage à la direction de l’enseigne SUPER U qui congédia les valeureux tueurs touristiques.
L’affaire pouvait en rester là.
La tuerie d’animaux sauvages est contraire à l’éthique de SUPER U et de l’immense majorité de nos contemporains.
Ce n’est pas sans jubilation que j’apprends que la fédération nationale des chasseurs engagerait une action en diffamation à l’encontre de l’enseigne, considérant comme portant atteinte à son honneur la critique de son loisir de mort, critique que nous partageons sans réserve.
JUPITER (celui de la mythologie) rend fous ceux qu’il veut perdre disait l’adage antique et réjouissons-nous de l’énormité de la méprise de nos plaideurs cynégétiques.
Pour que chacun profite de mon hilarité, je dois préciser que les délits de diffamation et d’injure, prévus par les articles 29 et 32 de la loi du 29 juin 1881, relatives à la liberté de la presse, protège l’honneur et la considération des personnes physiques et des personnes morales.
Rassurez-vous, on dit « personnes morales » mais la morale n’a rien à voir avec la chose.
Une personne morale est une association, une société, un syndicat, bref une organisation constituée juridiquement.
En revanche, les faits sociaux, les sports, les loisirs, les activités, les comportements, les opinions ne sont nullement protégés par la loi.
En conséquence, vous pouvez adresser à la chasse, comme vous le pourriez au jeu de boules, au foot, au cyclisme ou aux jeu d’échecs, toutes les critiques, tous les dénigrements qu’il vous plaira.
On ne peut pas diffamer un loisir.
La loi ne le protège pas.
Et la servilité des politiciens n’y change rien.
Donc, si vous ne souhaitez pas un procès en diffamation (qui souvent vaut mieux qu’une médaille), insultez une activité qui vous répugne, mais gardez-vous d’imputer à une personne physique ou moral un comportement portant atteinte à son honneur.
Or, SUPER U a justement souligné que le loisir de mort est contraire à l’éthique de l’enseigne ce qui honore cette enseigne.
Que cela ne plaise pas aux dirigeants de la chasse est une chose.
Ils doivent apprendre que la soumission des monarques de ce pays ne vaut pas loi et que désormais les humains s’émancipent de l’art de tuer.
Ils doivent aussi apprendre que la constitution, en son préambule, ainsi que l’article 10 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme couvrent d’un voile protecteur la liberté
 d’expression.
Mais les chasseurs ne sont pas les seuls à rêver d’un monde sans contestation, sans remise en cause des anachronismes et des nuisances.
Confrontés aux recours des associations de protection de la nature et aux réactions des riverains de leurs grands projets inutiles, des élus locaux, en mal de routes ici, de lignes à très grande
 vitesse ailleurs, d’éoliennes ou de centres commerciaux gigantesques, voudraient supprimer le recours au juge, pour les opposants.
Tout projet d’aménagement (en fait, de déménagement de la nature) pourrait être décidé par les élus locaux sans que nul ne puisse déférer l’ouvrage à l’appréciation des juges.
Or, dans un état de droit, lorsqu’il y a un différend, une opposition, seul le juge peut trancher la difficulté.
En France, cela résulte d’un principe fondamental reconnu par les lois de la république et, en droit supra-national, l’article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme édicte que toute personne peut recourir à un juge impartial pour soumettre un litige.
La passion égare parfois des élus qui, se heurtant à une décision contraire du Conseil d’Etat, voudraient violer les bases de la société de droit pour imposer leur choix.
Pas plus que pour les chasseurs, ces menées ne peuvent aboutir car elles se heurtent à un socle juridique garanti par les normes supérieures.
Un projet de travaux publics devra toujours être susceptible d’être déféré au juge.
Voyez, amis du vivant et de la nature, la liberté et l’état de droit ont besoin de défenseurs.
Les lobbies sévissent et certains élus oublient que la fonction élective ne fait pas d’eux des maîtres, des seigneurs, mais d’humbles et éphémères serviteurs de la chose publique.
Sur le fond, la biodiversité s’effondre et le climat dérape.
Il est urgent d’abolir la chasse et d’arrêter les grands travaux inutiles qui aggravent l’altération de la planète.
Vite, des forêts, pas du béton !

Gérard CHAROLLOIS

Une société appelle une élite.
L’élite devient une oligarchie parasite lorsqu’elle cesse d’être le groupe des meilleurs et que les conditions qui la firent naître ayant changé, elle perd son utilité sociale.
Au haut Moyen-Âge, la féodalité, par ses châteaux, ses épées et ses chevaux, protégeait les communautés rurales et villageoises des insécurités du temps.
Au 18ème siècle, les seigneurs avaient perdu cette fonction sociale qui avait fondé leurs droits supérieurs à ceux des manants.
Le 4 août et l’abolition solennelle des privilèges de la noblesse furent l’aboutissement d’une évolution de fond.
Les révolutions sont à la société ce que les ruptures tectoniques sont à la dynamique des plaques de la Terre.
Présentement, une infime minorité règne par la finance sur l’économie, sur les états, sur les instances élues, sur les consciences mêmes via la maîtrise de l’information.
Or, cette oligarchie financière ne présente plus aucune utilité sociale et s’avère même nuisible par ses agressions contre les humains, la nature, les équilibres biologiques de la terre et son exploitation frénétique et insatiable.
Les « premiers de cordées » n’inventent rien, ne découvrent rien, ne font pas progresser les sciences et se bornent à s’enrichir au détriment du bien public et de la biodiversité.
Cette oligarchie fait les présidents en finançant leurs campagnes électorales et en présentant leur candidat du jour dans les médias dont ils sont propriétaires, en « gendre idéal », jeune, dynamique, intelligent, centriste à souhait, donc rassurant, alors que ses antagonistes sont dépeints en agités dangereux, extrémistes et irresponsables.
Et le troupeau marche droit !
En retour, le président offrira à ses soutiens qui le firent roi de somptueux cadeaux fiscaux payés par des majorations de taxes et contributions supportées par les citoyens.
Entre banquiers, actionnaires et grands veneurs, des connivences se tissent et pendant que Nature meurt, que le peuple se flexibilise, que les efforts succèdent aux sacrifices, quelques dizaines d’individus multiplient leurs milliards d’euros de fortune indécente.
Alors, une fraction, encore minoritaire mais croissante, du peuple comprend que CALONNE sévit encore et que l’orage gronde.
Bien sûr, je ne fais pas ici un réquisitoire contre un homme, car je respecte tout individu, mais contre un système.
Abolir les privilèges du temps s’impose puisque les oligarques ne sont plus une élite et qu’il faut édifier une nouvelle société fondée sur l’empathie, le respect du vivant, la condamnation de l’exploitation cruelle et létale de l’arbre, l’animal et l’homme .
Pour l’heure, l’essentiel est d’expliquer aux gens comment on les manipule pour les rendre dociles aux intérêts de l’oligarchie, comment les médias contiennent le nombre des réfractaires aux conditionnements électoraux et culturels.

Gérard CHAROLLOIS

Alors que nature meurt, des hommes mauvais troublent la paix publique en Ariège, en incendiant un véhicule des agents de l’Office National de la chasse et de la faune sauvage pour protester contre la présence de l’ours.
Ce sont ces voyous de la chasse qui ont amené l’espèce aux portes de l’extinction.
Ailleurs, des éleveurs/chasseurs se livrent à des tartarinades grotesques pour pouvoir éradiquer les loups, les lynx et, en fin de compte, tout ce qui vit.
Or, je sais d’expérience personnelle que de simples mesures de précaution suffisent à protéger les animaux domestiques des prédateurs.
C’est culturellement que ces hommes attardés refusent la présence de la faune.
Plus anecdotiquement, les chroniques de la justice du quotidien nous offrent le spectacle navrant de plaideurs pathologiques assignant leurs voisins pour le coq qui fait lever l’aurore, pour  les grenouilles qui coassent les soirs chauds de printemps.
Plus fort encore, en DORDOGNE, un habitant de RIBERAC contacte une société de désinsectisation pour détruire des cigales stridulant dans les arbres de leur parc.
Cette demande aussi farfelue qu’abjecte ne fut pas suivie d’effet.
Un député de LOZÈRE dépose, pour la forme, une proposition de loi afin que soit établie, dans chaque département, une liste de bruits « normaux » dont les dérangés de l’esprit ne pourraient  pas se plaindre au titre de troubles du voisinage.
Le juge n’aurait plus à s’interroger sur la « nuisance » du coq ou des grenouilles et l’affaire relèverait davantage de la médecine mentale que de la justice.
Ce n’est pourtant pas faute de distribution de tranquillisants par l’industrie pharmaceutique.
Bref, l’homme peut se révéler un animal hautement nuisible.
Ces arriérés ignorent que la biodiversité disparait, que l’espèce humaine empoisonne la terre, que la sécheresse est le premier péril climatique.
Un maire de LOZÈRE met en garde les promeneurs contre les dangers du loup. Il ignore que nul Italien, nul Espagnol ne fut victime des loups présents depuis toujours dans ces pays.
L’humain n’est pas une proie pour le loup.
Mais les préjugés, l’ignorance crasse, la haine du vivant, la malfaisance humaine perdurent et endeuillent le monde.
Parce qu’il est un animal éthique, l’humain peut s’extraire de cette arriération funeste et accéder au respect de la vie des animaux et de la nature.
Bien sûr, il faudrait que l’Etat d’abord, les associations ensuite, tiennent un discours plus fort, ferme et clair face aux voyous anti-nature.
La pusillanimité des uns encourage les menées crapuleuses des tueurs de loups, d’ours, de cormorans, de corvidés, les piégeurs de petits oiseaux.
À LIMOGES, le 28 septembre prochain, je participerai à la manifestation contre les massacres de corvidés qui distrait tant les maniaques de la gâchette trouvant en ces campagnes de destructions  des occasions d’exprimer leur sadisme et d’exposer leur « beaufrerie » indécrottable.
Quel mal leur font les freux et les corneilles noires, oiseaux d’une intelligence surprenante ?
Aucun, mais la mort est le passe-temps préféré de ces individus inquiétants.
En cet été caniculaire, la nature souffre.
Des essences végétales sont menacées par le manque d’eau accentué par les températures excessives.
Mais rien n’arrêtera la malfaisance des ennemis de la terre.
Ils tueraient jusqu’au dernier oiseau et abattraient le dernier arbre.
En 1971, Jacques CHABAN-DELMAS et Georges POMPIDOU créaient le premier ministère de l’environnement.
Son titulaire, Robert POUJADE, maire de DIJON et universitaire, écrivait en 1975 un livre relatant son expérience : « Le ministère de l’impossible ».
Dommage que depuis, ce ministère soit devenu celui de l’imposture, aux ordres de chasseurs, de promoteurs, d’aménageurs !
La Commission Européenne dénonce la France pour sa chasse criminelle et irresponsable.
Associations de protection de la nature, démocrates attachés aux principes fondamentaux de la république, ne dialoguez plus avec les chasseurs français !

Gérard CHAROLLOIS

Mi-amusé, mi-consterné, je lis sous la plume d’un antispéciste qu’il conviendrait d’intervenir, nous les hommes, à l’encontre de la prédation de la gazelle ou du zèbre par les lions.
Que cet esprit compatissant se rassure.
En 2050, la population humaine de l’Afrique aura doublé et les lions auront sans doute disparu.
Mais la question soulevée par notre essayiste animaliste hostile à la prédation « naturelle » mérite un examen puisqu’elle est posée.Le lion dévore la gazelle, le tigre l’antilope, le loup le chevreuil, le renard et la hulotte le mulot. Ne doutons pas que la proie sous la dent, la griffe ou la serre souffre.
Or, pour nous, hédonistes altruistes, la souffrance est un mal.
C’est pour la combattre que nous aspirons à une société équitable, non-violente, sans chasse, sans corrida, sans acte de cruauté à l’encontre de tout être sensible dont l’intérêt à vivre est pris en considération.
Alors que faire de la prédation ?
Observons, partant comme toujours des faits, que plus de la moitié des espèces peuplant la terre sont prédatrices : certes, le lion, peu goûté de notre essayiste, mais la fouine, la martre,le putois, le blaireau, l’épervier, le merle et l’hirondelle consommatrice d’insectes ne sont pas végétariens.
Que dire du chat, omniprésent auprès de l’homme, grand tueur d’oiseaux, de rongeurs, de lézards ou de chauves-souris !
Non, le lion et le loup, l’ours et le lynx ne sont pas les seuls prédateurs.
Comme me le disait le regretté Théodore MONOD : « lorsque dieu créa le tigre, il ne me demanda pas mon avis » (oui, Théodore croyait au ciel, mais les différences d’opinions sont des chances et des occasions d’enrichissement de l’esprit).
Pour s’en tenir aux faits, avant d’apporter une réponse éthique à la question soulevée, n’oublions pas que si la gazelle, le zèbre, le chevreuil, le lapin, le rat, le ver de terre victimes d’une prédation n’avaient pas connu la malchance de rencontrer le lion, le loup, le renard ou le baireau, le merle ou la chouette, ils seraient morts, un jour, de maladie, de faim, d’une mauvaise blessure en connaissant des souffrances inadmissibles d’un point de vue moral.
Dans la nature, avec ou sans prédateur, malheur à l’animal devenu vieux, vulnérable, malade.
Outre que pour supprimer la prédation, il faudrait anéantir plus de la moitié des espèces vivantes, cette éradication ne supprimerait ni la souffrance, ni la mort.
Je ne ferai que mentionner les déséquilibres des populations que créerait la disparition des prédateurs naturels.
Pour notre essayiste ennemi des lions, les espèces ne comptent pour rien et seul l’individu doit être pris en considération.
Ce raisonnement oublie que l’individu, qu'il soit ours, loup, lapin ou humain n’existe que parce qu’il y a encore une espèce correspondante.
Sauvegardons les prédateurs puisqu’ils existent et que la nature ne nous a pas demandé notre avis en les faisant apparaître et en les rendant nécessaires.
La problématique ne tient pas à la prédation mais à la souffrance et à la mort dont la prédation n’est jamais qu’une variante.
Sans prédation, la souffrance et la mort perdurent puisque la « proie » qui échapperait à son agresseur connaîtrait les affres du vieillissement et de la maladie pas moins cruels.
Lorsque le chat tue le petit oiseau, lorsque le loup attaque le mouton, lorsque la chouette effraie capture la souris, ces prédateurs ne se posent pas de questions éthiques.
Ils ignorent même qu’ils font souffrir et ne font que manger selon les exigences de leur physiologie.
L’univers n’est pas éthique.
Le propre de l’homme n’est pas le rire, connu du singe et du rat, ni l’intelligence, présente chez les autres animaux, ni la capacité d’éprouver le principe du plaisir/déplaisir qui fonde le droit à ne pas être maltraité, mais la faculté d’accéder à une norme éthique élaborée.
Être humain, c’est être accessible à une éthique comportementale excluant la souffrance et la mort pour autrui.
Le processus d’hominisation n’est pas parachevé puisque le chasseur, le tortionnaire d’humains ou d’animaux ne sont pas parvenus à ce degré culturel du respect de la vie et de l’amour de la nature.
Notre capacité à nous indigner face à la souffrance et à la mort fait de nous des humains et sans cette capacité, l’homme n’est qu’une calamité bien plus redoutable et coupable que tous les prédateurs naturels qui eux n’ont pas le choix.

Gérard CHAROLLOIS

Parmi les questions clivantes et discriminantes, au sein de la société contemporaine, figure le rapport de l’animal humain avec les autres animaux.
La culture traditionnelle interdisait de poser la question de ce rapport de l’espèce humaine avec l’ensemble du vivant.
Les dogmes religieux monothéistes et les premiers balbutiements des lumières encore bien pâles enseignaient que l’homme siégeait su un piédestal, créé par les divinités pour croître, multiplier, dominer et asservir le monde.
Le dogme l’enjoignait de devenir comme seigneur et maître de la nature, source de profits et de dérivatifs récréationnels.
Or, d’une part, il y a une unité du vivant et, d’autre part, la douleur physiologiquement éprouvée et la souffrance morale en résultant sont partagées par tous les individus dotés d’un système nerveux.
Refuser d’infliger à autrui une souffrance que l’on refuserait pour soi-même est la base de toute morale élémentaire.
Nier ce principe impératif moral revient à s’exposer soi-même à l’agression d’autrui.
Si on ne respecte pas la vie de son voisin et si la société n’est pas là pour faire respecter l’interdiction du meurtre, il faut s’attendre à être tué par ce voisin.
La reconnaissance du droit d’autrui n’est pas qu’une manifestation d’altruisme. C’est une opportunité en vue d’une réciprocité.
Faut-il reconnaître des droits aux animaux non-humains ?
Peut-on passer un contrat avec la nature ?
Pour qu’il y ait droit subjectif, il faut qu’il y ait un sujet de droit et pour qu’il y ait contrat, il faut la rencontre de deux volontés.
Or, la nature ne contracte rien avec nous.
En fait, l’humain appartient à la nature, ce que devrait lui rappeler sa condition tragique de vivant éphémère.
On ne saurait passer un contrat naturel car cela reviendrait à contracter avec ce qui nous inclut. Les animaux qui peuvent souffrir méritent un statut de protection contre cette souffrance.
Alors, droits des animaux ou devoirs de l’homme envers eux, puisqu’ils sont à la merci de l’homme ?
Vous avez eu, probablement, écho de ce débat agitant les esprits de quelques juristes et de philosophes.
Or, je soutiens que ce débat n’a pas lieu d’être.
Car la question des droits des animaux n’est pas différente de celle des droits de l’homme.
En effet, le droit subjectif de l’individu n’existe pas abstraitement.
Tout droit est en réalité un devoir d’autrui à l’égard de l’individu.
Vous êtes propriétaires de vos biens uniquement parce que tous les autres ont, envers vous, le devoir de reconnaître votre prérogative sur la chose.
Un homme seul sur la planète n’aurait plus aucun droit puisqu’il n’y aurait plus personne débiteur d’un quelconque devoir à son égard.
Donc, tout animal possède des droits puisque les hommes ont le devoir de respecter ces êtres vivants.
Pour ceux qui nient les droits des animaux et donc les devoirs des hommes envers eux, ces êtres vivants peuvent être soumis aux mauvais traitements, à la torture, voués à la mort, parce que la tradition l’autorise.
D’autres hommes ont longtemps brandi ce paravent des crimes à l’encontre des esclaves, des sauvages, des ennemis.
Entre les tueurs, les tortionnaires et nous, il y a un fossé plein de sang !
Abolir la chasse, la tauromachie et tout ce qui génère souffrance permettra de franchir une étape civilisationnelle fondamentale.

Gérard CHAROLLOIS

Écarté le paravent des impostures, cette société cupide, grégaire et crédule révèle, avec sa perversité, l’issue fatale de son aventure.
Les dirigeants, les médias, les « communicants » parlent d’écologie mais couvrent de cadeaux les chasseurs.
Or, la chasse loisir, injure faite à la sensibilité, est la négation du rapport respectueux et bienveillant que l’humain doit instaurer avec le vivant.
Sans son abolition, le verbiage sur l’écologie n’est qu’un écran de fumée.
Les gouvernants invoquent le social et la défense des intérêts des peuples, mais toutes les mesures prises, sans exception aucune, représentent des régressions.
Ce qui m’étonne le plus est que ces impostures produisent leur effet soporifique et que le troupeau résigné marche sagement vers l’abîme.
Jusqu’où les maîtres de l’imposture pourraient-ils conduire les masses humaines sur la voie de l’inhabilité de la terre, du mépris du vivant, de la soumission aux normes de leur féodalisme contemporain ?
Atomisée en groupuscules corporatistes, syndicaux, partisans, associatifs, la société souffre, crie, proteste mais faute de mesurer l’ampleur du désastre écologique, social et moral que portent
 les dirigeants les laisse faire.
Tous les secteurs sont touchés.
Toutes les professions s’alarment.
La nature se meurt.
Les animaux sont massacrés, maltraités, ignorés dans leur caractère sensible.
Les services publics sont rognés.
Les garanties sociales sont affaiblies.
Les gadgets et la spéculation passent avant la lutte contre la maladie et la mort dans une recherche scientifique captée par les firmes avides d’argent.
Combien de temps, combien de souffrances, de régressions, de mensonges éhontés faudra-t-il pour que l’humain comprenne ?
Le vivant n’a rien à faire de leurs discours hypocrites.
Que vienne le temps des actes !

Gérard CHAROLLOIS

05
Octobre 2019
Manifestation unitaire contre la chasse à Paris.
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21
Septembre 2019
A Paris - Rassemblement citoyen pour un changement radical
Les détails par ce lien

 

20
Septembre 2019

A Lalinde  en Dordogne - Salle Jacques Brel - Conférernce débat public sur le reour du loup

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