L’extinction de l’humanité ?

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en 70 ans l’humanité a triplé passant de deux milliards cinq cent millions à sept milliards cinq cent millions d’humains.
Chaque année, la bombe démographique fait croître de près de cent millions le nombre des humains et en 2050, l’Afrique devrait doubler sa population.
Or, l’homme s’avère un animal gravement déprédateur par sa consommation insatiable, par son agressivité envers les autres espèces et occasionnellement envers sa propre espèce.
Ses facultés cognitives supérieures ne sont guère employées à protéger la vie.
L’humain provoque la sixième extinction d’espèces et crée des conditions interdisant les évolutions futures des formes de vies, car il pille la terre, l’empoisonne, y déménage tout ce qui ne lui est pas immédiatement profitable.
Animal dénaturé, il ne supporte pas la nature et par peur, par cruauté, par cupidité, il détruit méticuleusement toutes les espèces avec lesquelles il aurait pu cohabiter.
Croissance démographique explosive, voracité, mépris du vivant, omniprésence dans tous les milieux, générateur de déchets qui transforment la planète en poubelle toxique, l’homme compromet la viabilité du globe.
Du haut des tribunes des colloques, scientifiques, associatifs, politiciens déplorent la mort de la biodiversité, mais dans les faits qui seuls comptent, l’économie prévaut sur l’écologie, les profits des firmes sur la préservation des espèces et des milieux et les humains aseptisent leurs jardins, s’effraient devant la présence d’un animal sauvage dans leur proximité invitant la faune à se faire protéger ailleurs.
Trop de nos contemporains, par ignorance crasse, demeurent des ennemis de la terre, incapables de vivre dans un espace partagé avec les autres espèces.
Mais ce qui échappe aux observateurs, c’est que le grand déprédateur pourrait être victime de son hubris, de sa démesure et de son manque de maîtrise de sa main-mise sur le monde.
Plusieurs périls le menacent :
 
1° Les périls environnementaux :
Altération du climat, épuisement des ressources naturelles, intoxication de l’eau et de l’air, épuisement de la biodiversité, possibilité d’un virus mutant pandémique dont la virulence pourrait anéantir les populations avant que les laboratoires trouvent la parade.
Une densité excessive, des mouvements massifs de populations, des migrations, le tourisme calamiteux créent les conditions propices à l’émergence de telles pandémies.
Actuellement, le Système consomme, chaque année, 1,6 de ce que produit la planète.
Or, le Système n’est « libéral » qu’en ce sens qu’il veut que l’individu s’enrichisse sans cadre, sans frein, sans limite. En revanche, il cesse de célébrer la liberté si celle-ci porte atteinte à la finance et aux privilégiés.
Toute tentative d’alternative est tuée dans l’œuf par la finance, maître du monde.
 
2° Des périls technologiques et politiques :
La science et la technologie de demain peuvent considérablement améliorer le sort des hommes en faisant reculer la souffrance et la mort, mais elles peuvent aussi échapper au contrôle et au lieu de vaincre le vieillissement, le cancer et autres pathologies, créer des déséquilibres sociaux et économiques insurmontables et irréversibles.
Le bilan désastreux de l’humain, avec les guerres, les génocides, l’esclavage, la chasse, ne mérite guère un culte. Le posthumanisme peut être une chance s’il débouche sur la valorisation du vivant.
Mais les firmes, la finance peuvent inversement confisquer et instrumentaliser la science pour leurs seuls profits, donc pour la mort.
Le Système dit « libéral » ne peut survivre qu’avec une croissance quantitative infinie. Sans croissance, pas de dividendes pour les actionnaires, pas de bonus pour les oligarques, car ces gains reposent sur les intérêts de cette croissance, par ailleurs insupportable pour la terre.
Les écarts sociaux vont eux aussi croissants et la logique du Système implique cette dérive. Pour la pseudo-science économique, les salaires sont des coûts qu’il faut réduire sans cesse, et les dividendes et bonus des profits, qu’il faut augmenter indéfiniment.
Qu’adviendra-t-il à la fin du siècle ?
Disons-le clairement, le contemporain n’en a guère le souci. Il sait qu’il sera mort, et pour longtemps ! Alors, l’avenir n’est qu’une préoccupation théorique. Si la biologie permettait, un jour, de prolonger la vie individuelle de plusieurs siècles, cela modifierait radicalement l’approche du futur par la personne. En 2100, l’individu serait toujours là pour vivre le changement climatique et les aléas de la biosphère.
 
3° Des affrontements meurtriers définitifs :
La modernité génère une société plus libre, des individus émancipés, une remise en cause des vieilles lunes religieuses. Or, l’homme est-il assez fort pour assumer cette liberté ?
Les réactions obscurantistes terroristes auxquelles nous assistons pourraient révéler une incapacité d’une fraction importante de notre espèce de vivre cette émancipation par rapport aux mythes.
Des massacres sans précédent pourraient résulter de cette confrontation de la raison et de la foi.
Par sa démographie galopante et la fragilité de la société technologisée, une guerre des civilisations serait plus destructrice que les guerres du 20ème siècle, déjà si meurtrières.
Il ne s’agit pas là d’un scénario catastrophe, mais d’une simple conjecture que nous pouvons éviter.
Comment ?
En changeant de paradigme, en mettant le vivant au centre des valeurs, en utilisant notre génie au service de ce qui ajoute du bonheur, du plaisir, du bien-être pour tous et non des profits pour quelques milliers d’oligarques sur la planète, en assumant des idées fortes et claires, en éclairant les hommes au lieu de flatter ceux qui détruisent la nature et qui croupissent dans des superstitions farfelues.
Homo Sapiens est apparu il n’y a qu’un instant, au regard des temps géologiques. Sur le calendrier cosmique élaboré par l'astrophysicien André Brahic et compressé sur la durée d'une année terrestre, les dinosaures sont restés sur Terre durant 3 jours alors que nous n’y sommes que depuis 1h30 ! !
L'humain sera-t-il une impasse, une tentative avortée de la vie d’enfanter un agent bienveillant de la grande aventure de l’évolution ?
Le Système déprédateur, exploiteur, spéculatif disparaîtra-t-il avant l’anéantissement ?
Le défi est muter ou disparaître.
Je savoure les injonctions qu’adresse aux citoyens du monde l’ONG Californienne mesurant le jour de dépassement (2 août cette année).
Pour remédier aux menaces planant sur le vivant, elle somme les humains responsables de :
--- Faire moins d’enfants, ce qui ne signifie pas faire moins l’amour !
--- Ne pas prendre l’avion, ce qui n’interdit pas de contempler la nature près de chez soi !
--- Consommer moins de viande, ce qui ne nuira pas à la santé !
--- Privilégier le bio, ce qui ne fera pleurer que les lobbies agrochimistes !
 
Question :
Connaissez-vous beaucoup d’amis du vivant qui célèbrent ces vertus ?
Et puis, j’ajouterai, en impératif premier :
Accueillir avec bienveillance la nature chez soi !
 
Gérard CHAROLLOIS

Commentaires  

# Simon Lepan 08-08-2017 17:11
La probable disparition prochaine de l' espèce humaine est loin d' être la priorité (et ne serait pas un mal pour le reste du vivant)
Mais ce qui est vraiment grave, c'est que, en entrainant sa perte, l' homme entraine aussi celle des autres espèces!
L' espèce humaine passera, mais la vie, bien moins éphémère, ne passera pas.
Le véritable problème est de limiter au maximum l' extermination des espèces causée par l' homme.
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