Ont-ils touché le fond ?


Les enquêtes d’opinion dévoilent le discrédit frappant les politiciens : « 69% des Français les jugent corrompus », selon un récent sondage.
Croyez vous que cela les dérange ?
Ils perdurent dans leurs turpitudes, leurs arrangements entre amis, les échanges de bons procédés, ne dissimulant même plus ce qu’ils sont.
Des ministres comparaissent devant les juridictions tout en conservant leurs attributions par la grâce du soutien du président.
D’autres anciens « monarques » se rendent au tribunal correctionnel escortés de fonctionnaires de police/gardes du corps.
Le président de la république soutient ses amis.
Ainsi, la matinale de FRANCE-INTER du lundi 27 novembre se fait l’écho d’un propos rapporté du président évoquant les poursuites judiciaires à l’encontre de son ministre du travail, pour favoritisme lors de l’attribution du marché de l’eau de sa commune, du temps où il était maire.
« Les hommes politiques ne dépendent pas des juges mais du suffrage » aurait dit le chef de l’état.
J’ignore, évidemment, si la presse traduit exactement la pensée du « président, », mais le fait qu’il maintienne en place des ministres poursuivis pour divers délits pourrait faire craindre cette faute politique définitivement létale pour la démocratie.
Car, que signifie le refus de la séparation des pouvoirs ?
Ceci : les élus sont au-dessus des lois et n’ont pas à répondre de leurs éventuelles infractions pénales. Ils jouissent d’un privilège absolu, d’une immunité totale et le chef élu a toujours raison.
Oui : « Il duce a sempre ragione » est le socle philosophique premier du fascisme.
Dans une démocratie exemplaire, les élus d’un jour n’ont pas plus de droits mais davantage de devoirs que tous les autres citoyens.
Détenteurs de certaines attributions publiques, ils ne devraient les exercer que d’une main tremblante avec le souci de la probité, de la vérité des faits et de l’équité.
Si les hommes de pouvoir poursuivent cette chute éthique, demain, non pas 69%, mais tous les citoyens sauront que les décideurs politiques sont corrompus, que les grands travaux inutiles ne sont que des cadeaux offerts à des lobbies, que les discours sont menteurs, que la démocratie peut mourir et laisser la place à un régime autoritaire perçu comme davantage sécurisant, bien que pas moins corrompu.
Dans le même ordre d’idées, le président national des chasseurs annonce sa volonté de présenter une liste « agrarienne » pour les prochaines élections au parlement européen de juin 2024.
Quand on connaît les liens unissant ce personnage avec l’actuel chef de l’état dont le parti présentera une autre liste au même scrutin, des naïfs ne manqueront pas de s’étonner.
Comment, diront ils, malgré des millions d’euros généreusement distribués au lobby chasse, malgré les règlementations favorables aux modes de chasse cruels ou non sélectifs, malgré la diminution de moitié du coût du permis de chasser, malgré la vente des munitions de chasse par les buralistes, malgré les amicales rencontres et les soutiens appuyés, le président des chasseurs serait-il à ce point ingrat envers son ami Emmanuel en promouvant une liste contre lui ?
Cherchez l’erreur.
Vous avez trouvé, bien sûr.
Entre amis, on s’arrange toujours, aussi longtemps que les intérêts convergent.
Réponse : les clientèles électorales, entre Renaissance et agrariens, ne sont pas les mêmes et les protagonistes savent à quel courant politique la liste chasseurs fera le plus de concurrence.
2% de moins pour les réactionnaires, c’est toujours ça de pris !
Peut-on s’autoriser une question : les neuf cent mille chasseurs vont-ils se cotiser pour financer la campagne électorale de leur président ?
Au fond, tout ceci est dérisoire.
Seul le combat pour la vie vaut.
L’agitation de ces personnages finirait même par amuser tant cela devient peu sérieux.

Gérard CHAROLLOIS

--
--
---/---
.../...

 

 

 

--
---

---/---

---/---

 

--
--

---/---

---/---