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Les contemporains s’étonnent des nouvelles du monde et ne comprennent plus ce qu’il advient, tant les faits et les mots confinent à la caricature.
L’empire autocratique Russe a attaqué et envahi un pays voisin sans s’embarrasser de principes et sous le seul prétexte imposteur qu’il était dirigé par des nazis !
Il fallait souffrir d’un grave syndrome paranoïaque pour y croire.
Le gouvernement Israélien, dirigeant d’un pays né d’une tentative de génocide, massacre des dizaines de milliers de civils, affame des foules, emprisonne un peuple, l’isole, efface la presse et les humanitaires pour dissimuler les crimes, tue par les bombes, les privations, les manques de soins et proclame sans honte une suprématie ethnique.
Les USA se dotent d’un président fantasque qui ose tout et parle comme un vulgaire promoteur immobilier, usant du chantage, de la menace de sa force illimitée et absolue.
Le droit international que les pays avaient tenté d’édifier après les crimes de la seconde guerre mondiale est en ruine.
Les principes juridiques et moraux issus du procès de NUREMBERG sont violés délibérément par les anciennes démocraties.
Partout, les nostalgiques d’HITLER, de MUSSOLINI, de PETAIN surgissent dans les sondages et dans les élections et culturellement une idéologie nauséabonde putréfie les consciences.
Que se passe-t-il ?
Le président TRUMP et ses émules ici et ailleurs sont-ils vraiment climatosceptiques ? Ignorent-ils l’épuisement des ressources planétaires et la mort de la biodiversité ?
Ce serait bien naïf que de le penser.
Certes, ils veulent forer, forer encore, abaisser toutes les normes, nier la raison et la science, assécher les budgets de la recherche, censurer et criminaliser la pensée écologiste. Les bébés TRUMP de la droite Française veulent supprimer l’office Français de la biodiversité et réduire au silence les associations de protection de la nature, ériger les milices agrariennes en dignes représentants du bon peuple.
Ces dirigeants cyniques, jouant aux idiots savent parfaitement que la crise advient et leur stratégie est parfaitement élaborée.
Ils feignent de n’avoir rien compris, rien vu, rien entendu des scientifiques et des faits mais ils ont intégré le fait que la croissance du gâteau, de la répartition des richesses entre les hommes devenaient un horizon illusoire.
Alors, ils se muent en prédateurs féroces.
Les forts, les oligarques, les ploutocrates doivent faire main basse sur les richesses de la Terre tant qu’il y en a et tant pis pour l’humanité.
Plus de paravent, plus d’invocation des droits humains, de la démocratie, de la liberté de mode de vie et de la pensée.
Voici venu le temps des affaires et de la rapine érigées en système assumé.
Quelques empires se constituent pour exploiter la planète sans prendre la peine des apparences d’une quelconque vertu.
Finie l’imposture du « développement durable », de l’union du commerce et de la démocratie, du progrès pour tous et d’une conciliation entre économie et écologie.
Le courant brun qui vient aussi en Europe déchire le masque de bienséance .
On pille, on préempte, on exploite, on fore, on extrait, on accapare et seul cela importe.
Plus de norme, plus d’état de droit, plus de social, plus de protection, plus de frein à la prédation.
Le capitalisme est-il devenu fou ?
Non, il est devenu lucide.
Il sait qu’il détruit la viabilité de la Terre, mais cela l’indiffère.
Les ploutocrates, les plus forts s’en sortiront toujours.
L’empire Américain veut coloniser l’Amérique latine et détruire l’Union Européenne pour mieux dominer leurs nouvelles colonies que sont les petits états nations bien incapables de lui résister.
En langage de voyou, TRUMP leur dit sans pudeur : « Vous ne voulez pas me donner le Groenland. Je vais vous écraser de taxes douanières et vous contraindre à me céder ».
Le délitement de l’Europe a commencé et chaque pays essaie de retenir les coups du maître.
Et si ORWELL avait vu juste ?
Les médias internet, l’intelligence artificielle qui aurait pu être un outil magnifique au service de la science, risquent de s’avérer de redoutables machines à décérébrer entre les mains des tenants de cette extrême droite au service d’un ordre oligarchique .
En contemplant l’évolution de l’opinion publique, je crains que le pire soit certain.
Y aura-t-il un sursaut ? Une Résistance à cette dérive néofasciste ?
Peut-être, mais on ne peut pas exclure qu’une maîtrise des cerveaux aboutisse à la chute finale.

J’apprends le décès de Francis HALLE survenu le 31 décembre à 23 heures.
Francis HALLE fut aux arbres et aux forêts ce que Brigitte BARDOT, décédée la semaine dernière, fut à la cause animale.
Deux vies, deux personnalités très différentes mais dont le point commun essentiel réunit tous les biophiles.
La Vie est la seule querelle qui vaille, vie des humains, vie des animaux, vie des espèces, vie de la Nature dans sa prodigieuse diversité, vie de chaque individu irremplaçable.
La voie de l’hominisation connaît bien des écueils, des impasses, des phases d’avancées et d’autres de régressions.
En 1792, CONDORCET parlait contre l’esclavage et la peine de mort.
Victor HUGO écrivit en 1832 son dernier jour d’un condamné.
Face à ces hommes de mieux se dressaient les hommes de traditions, de haines, de préjugés et il fallut des décennies pour que les idées plus généreuses, plus compatissantes, plus humaines l’emportent sur la cruauté et les ignorances.
Combien de temps faudra-t-il pour que la chasse ludique soit abolie, que la torture tauromachique soit rangée au musée des horreurs, que les gouvernements créent les vastes réserves biologiques intégrales pour lesquelles militait Francis HALLE ?
Cet homme de science et de conscience souhaitait que de vastes zones de l’ordre de douze mille hectares soient confiées à la Nature pour que se créent de nouvelles forêts primaires au terme de quelques siècles de respect de libre évolution.
Présentement, la société contemporaine putréfiée par le mercantilisme sordide tourne le dos au processus d’hominisation et compromet le devenir de la biosphère et de l’humanité.
La révolution dite conservatrice engagée par THATCHER et REAGAN débouche sur un néofascisme hostile à la science, à l’écologie, aux droits de la Nature et de l’homme.
Ce système pervers célèbre le culte de l’argent roi et de l’écrasement de tout ce qui contrarie les intérêts oligarchiques.
Je pense que les Théodore MONOD, les Brigitte BARDOT, les Francis HALLE n’aimeraient guère ce monde hostile à l’arbre, l’animal et l’homme.
Demain, le grain semé germera et alors nous pourrons dire que nous ne nous sommes pas levés pour rien contre les forces de la négation des faits et des valeurs éthiques.

En 1977, j’entendis à l’école nationale de la magistrature un maître de conférence en charge des parquets énoncer non sans amertume : « Si dans une manifestation, des agriculteurs attrapent un commissaire de police et le peignent en blanc, vous ne pouvez rien faire ».
Ces propos datent d’un demi-siècle.
Ils illustrent une insulte à l’état de droit.
Qu’est-ce que l’état de droit ?
C’est un socle sur lequel repose une civilisation et que je vais définir.
Il exige :
L’impartialité des institutions publiques et l’assurance que les personnes demeurent égales en droit et sont traitées indifféremment de leurs convictions, de leurs appartenances partisanes ou syndicales, de leurs professions.
Toute personne répond de ses actes et la justice en équité applique les lois à tous sans distinction de catégories sociales ou idéologiques.
Tels sont les principes fondamentaux de l’état de droit.
Dans les régimes autoritaires, oublieux de l’état de droit, la justice, simple auxiliaire du dictateur, frappe les adversaires du pouvoir politique et épargne les amis du prince. Elle incarcère les opposants sous des prétextes fallacieux pour fraude fiscale ou menées terroristes l. Elle ignore les turpitudes des oligarques proches du leader suprême.
En France, depuis la Libération, les garanties institutionnelles offertes aux magistrats de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif confèrent aux tribunaux une capacité de dire le droit en impartialité.
Mais pour qu’un tribunal dise le droit, il est nécessaire que les personnes soient traitées de manière identique par les services de police, eux-mêmes directement soumis au pouvoir administratif donc politique.
Concrètement, depuis plusieurs mois, des nervis agissant sous couvert d’un syndicat agricole se livrent à des exactions contre les associations de protection de la Nature, contre l’Office Français de la biodiversité et même contre des locaux publics en totale impunité.
Les fonctionnaires de police sont présents parfois, souvent informés des agressions avant qu’elles ne se commettent.
Des plaintes sont déposées auprès des parquets.
Aucune verbalisation, aucune poursuite ne sont engagées.
Pire : le gouvernement reçoit ces leaders agricoles et se garde bien d’émettre la moindre réprobation.
En revanche, les manifestations d’opposants aux pesticides et aux captations abusive de l’eau sont réprimées avec une disproportion des forces mobilisées.
Le scandale de SAINTE-SOLINE, attentat contre l’état de droit perpétré par le gouvernement confine à la caricature . Le gouvernement mobilisa 2200 gendarmes mobiles armés de blindés pour défendre un trou vide dans un champ !
Plusieurs personnes furent grièvement blessées.
Aucune suite judiciaire à ce jour !
Comment expliquer cette violation par l’état des principes fondamentaux de la république ?
Par leur violence, les agriculteurs font peur.
Les ministricules et les préfets redoutent qu’une comparution devant un tribunal correctionnel d’un militant de la coordination rurale suscite une jacquerie quasi-insurrectionnelle.
En ces affaires, la violence prime sur la justice.
Malgré leurs garanties statutaires, il advient également que des magistrats préfèrent ne pas s’exposer en passant outre aux souhaits hiérarchiques et en sollicitant des investigations nécessaires à la manifestation de la vérité des faits.
C’est le vieux dilemme : une injustice vaut mieux qu’un désordre.
Moralité : les hommes s’inclinent par nature.
Les lois, les recours, les contrôles par des institutions impartiales s’imposent pour que la société ne sorte pas d’une civilisation fondée sur le respect des personnes, de leurs droits et libertés.
Nous avons ici la preuve par la pusillanimité des pouvoirs publics face aux exactions agrariennes de la fragilité de l’état de droit.
Et dire que ces agresseurs ne représentent plus grand-chose dans la société.
D’abord, nombre de paysans ne se reconnaissent pas dans les méthodes et orientations des syndicats violents et délinquants.
Par ailleurs, la France ne compte plus désormais que 320.000 exploitations agricoles.
La paysannerie a été décimée par la politique productiviste et de concentration capitaliste.
Actuellement, dans nombre de pays, l’état de droit vacille.
Violence et arbitraire signent la montée du néofascisme qui n’aime ni le droit, ni les juges.
Voilà pourquoi en France, écologistes d’un côté, agrariens de l’autre ne bénéficient plus des mêmes droits.
C’est une honte qui pèse sur le pouvoir politique actuel qui prépare la chute de la démocratie.
De trop petits hommes assument des charges qui les écrasent.
Dès que des lobbies, des intérêts financiers, des commandos brutaux exercent des pressions, ils cèdent et s’humilient en reniant les principes fondamentaux de la république.
Les néofascistes n’auront qu’à parachever la mort de l’état de droit en muselant la magistrature, en retirant la France de la compétence de la cour européenne des droits de l’homme, en intimidant les uns, en achetant les autres, en vendant la presse à ceux qui savent la réduire à des organes de propagande pour que les médias ne soient plus « gauchistes ».
Le professeur Johan CHAPOUTOT a raison : nous revivons le temps des irresponsables qui ont amené HITLER au pouvoir.
Si vous en doutez, regardez par-delà l’Atlantique !

 

La diversité des idées, des caractères, des individus et des espèces est la chose la plus précieuse du monde.
Je ne partageais pas toutes les idées de Brigitte BARDOT mais je la considérais comme une amie de combat en faveur de la libération animale.
Elle qui possédait la beauté, le talent et une gloire sans pareille quitta une exceptionnelle carrière cinématographique à 39 ans pour vouer sa vie, sa réputation, son argent à une cause qui la dépassait, marque de la qualité supérieure d’un être.
Tant d’humains ne pensent qu’à leurs sordides petits intérêts.
Plus personnellement, je me souviens de nos transports en Gironde, au mois de mai dans les années 1980, avec Brigitte BARDOT, Allain BOUGRAIN-DUBOURG et Théodore MONOD pour affronter les tueurs de tourterelles qui terrorisaient tant nos ministricules et leurs préfets.
Elle fut de toutes les batailles en faveur des phoques, contre la chasse à courre, contre les élevages concentrationnaires, les abattages sacrificiels.
Au fond, elle était biophile et contribua par son engagement à sensibiliser l’opinion publique et parfois les politiciens.
Elle va énormément manquer à la cause du Vivant dans le contexte que l’on sait.

Gérard CHAROLLOIS

Des irresponsables pusillanimes et déliquescents, du genre de ceux qui amenèrent HITLER au pouvoir, feignent de gouverner.
Ils sont inconsistants.
Ils menacent ceux dont ils n’ont pas peur et tremblent devant les milices fascistes encouragées dans leurs exactions par la lâcheté de gouvernants friands des apparences d’un pouvoir trop lourd pour leurs frêles épaules.
Depuis des mois, la coordination rurale agresse les protecteurs de la Nature, l’office français de la biodiversité, saccage des locaux associatifs, des biens publics et tout récemment la commune de MELLE qui eut le tort d’accueillir des écologistes contre les méga-bassines.
En toute illégalité, ce groupement agrarien réalisa dans le LOT ET GARONNE une retenue d’eau à CAUSSADE sans aucune réaction administrative.
Combien de poursuites devant les tribunaux correctionnels à l’encontre de ces violences graves, réitérées, systématisées ?
Quelle réaction du pouvoir face aux menaces de mort proférées à la tribune du congrès de ce mouvement par son président ?
Aucune. Les ordres sont de laisser faire, car les méchants font peur.
Un politicien du type « je ne comprends rien » osa qualifier les Soulèvements de la Terre de mouvement écoterroriste et alla jusqu’à oser prononcer une mesure de dissolution que censura le Conseil d’Etat. Quelle violence, quel attentat avait commis les Soulèvements de la Terre ?
Les actions symboliques des écologistes sont dérisoires, exemptes d’agression contre les personnes.
En revanche, les nervis agrariens dégradent systématiquement et l’état soumis et inconsistant ne voit rien, ne bouge pas, ne protège pas les citoyens, ne fait pas respecter le droit et la sécurité des gens. Les dégâts générés par cette poignée d’agrariens se chiffrent par millions d’Euros à l’échelle du pays.
L’attitude des ministricules en ces circonstances rappelle la lâcheté de leurs devanciers qui, dans la décennie 1980, se couchaient devant les braconniers de tourterelles du MEDOC.
C’est qu’il faut un minimum de courage et de probité pour faire respecter l’état de droit.
La loi devrait être la même pour tous.
Toute personne doit être protégée dans ses biens et son intégrité, dans sa liberté de pensée et d’expression.
C’est la base de la civilisation, base que le fascisme remet en cause en lui substituant la violence primaire.
L’état défaille et capitule préparant la chute de la démocratie.
Toute catégorie sociale peut faire entendre ses aspirations et intérêts.
Nul ne doit agresser, violenter, menacer et un état impartial se doit de le rappeler.
Décidément, l’état compte plus de PAPON que de Jean MOULIN !
L’état de droit se meurt déjà.

Nos contemporains ne mesurent pas encore la gravité des dérives à l’œuvre dont les USA sont à la fois les premières victimes et les auteurs.
Nous changeons de monde avec le triomphe du néofascisme affairiste qui n’a rien de commun avec ce que nous avons connu au siècle passé.
Naguère, les jeunes gens criaient dans les rues « paix au Vietnam, American at home, non à l’impérialisme ».
Ils pouvaient le faire en toute liberté et dans la joie juvénile.
Aujourd’hui, plus personne ne crie dans les rues et une jeunesse docile rêve d’écoles de commerce.
Naguère en 1968, le très droitier Richard Nixon inscrivait la guérison définitive du cancer comme objectif de son mandat, noble projet.
Aujourd’hui, les néofascistes nient la science et ne rêvent que de techno-structures permettant aux oligarques de s’enrichir en allant chercher des minerais sur Mars.
Plus de morale, plus d’éthique, plus d’apparences vertueuses, plus de droit international, plus de norme, plus de paravent présentable.
Voici le temps de l’arrogance, de la morgue, de la manipulation, de l’intrigue, du meurtre indécent, de l’insulte, de la terreur érigés en système de gouvernement du monde.
Avec le néofascisme, des pensées, des vérités, des faits sont criminalisés.
Un totalitarisme inédit jette sur l’humanité entière une nuit de la raison et des droits de l’homme.
Le néofascisme qui vient est infiniment plus létal que ne le furent ceux du XXème siècle.
Demain, l’écologiste et tout dissident devront être effacés.
Les progrès scientifiques, notamment dans le domaine de la santé, les garanties juridiques offertes aux personnes, toutes les normes sociales protectrices seront abolies.
Le libertarisme et la dictature formeront un couple immonde ayant pour ennemis à abattre le scientifique, le juge, l’universitaire, le journaliste.
L’extrême-droite veut éteindre l’intelligence pour régner sans partage sur une humanité servile et ce péril n’est pas compris par la société anesthésiée.

 

Les humains ne méritaient pas de devenir des variables d’ajustements du système économique, des instruments de production et d’exploitation du dieu Marché.
Les autres animaux ne devraient pas être des biens mobiliers, des choses, des marchandises qui ne valent que leur cours sur le dieu Marché.
Le capitalisme avilit tout.
Les hommes se transforment en producteurs-consommateurs, en sujets soumis au dieu Marché.
Les autres animaux sont condamnés à se muer en produits.
La Nature n’est qu’un vaste champ d’exploitation voué à l’aménagement, à la rentabilité pour les prêtres de cette religion perverse.
La planète entière ne représente qu’un vaste champ de jeu des spéculations voraces.
Les animaux dits sauvages ne représentent plus que 4% des animaux de la Terre, le reste étant constitué de poulets d’élevage et de bovins destinés au dieu Marché.
La viande résulte d’un processus industriel dans lequel l’animal réifié vit en enfer, soumis à une torture immonde pour le profit des filières.
Entassés par milliers dans des espaces exigus et confinés, ces suppliciés de l’économie mercantile deviennent des bouillons de culture pour les virus.
Des zoonoses apparaissent que les imbéciles imputent bien vite aux oiseaux migrateurs pour la grippe aviaire, aux blaireaux pour la tuberculose bovine, aux bouquetins pour la brucellose (lire l’Écho des Terriers) et ils ne savent pas trop à quel coupable pour l’actuelle dermatose bovine.
Alors le débile adorateur du Marché veut aseptiser davantage.
Un canard est-il malade dans une usine à foie gras !
Il faut tout nettoyer et massacrer dix mille canards sans le moindre frisson de la conscience.
Ces marchandises ne sont plus des êtres vivants sensibles mais des produits d’une filière qui seule mérite d’être sauvée.
Voilà comment le monde cupide du Marché divinisé traite le Vivant.
Non, en civilisation, on n'achève pas les malades. On les soigne.
Qui va soigner ce monde putréfié par le mercantilisme qui nous fait sortir de la civilisation ?
Qui va réveiller les consciences assoupies par une accoutumance à la terrible banalité du mal ?

 

L’empathie, le souci de l’autre, la quête de la justice et du mieux d’un côté, la cruauté, l’aigreur, le mépris, le culte de la brutalité, de l’exploitation et de la domination de l’autre, ne se divisent pas.
Nous vivons un temps de régressions.
La génération d’après-guerre aspirait à plus de liberté, plus de droits sociaux, plus de solidarité, plus de compassion et de souci des hommes, des animaux et de la Nature.
Lorsqu’en ce temps-là, les politiciens parlaient « réformes », il fallait entendre progrès des mœurs et des manières, du droit et des pratiques sociales.
Même les plus conservateurs de ce temps-là n’assumaient pas être des « salauds » arrogants et dominateurs.
Aujourd’hui, des politiciens portent beau leur délinquance, piétinent le droit commun, revendiquent des usages quasi-mafieux et prônent une société féroce où le culte de l’argent est la seule boussole (voir autoroute A69).
Alors, ils veulent supprimer les « normes », « simplifier », selon l’élément de langage de l’actuel gouvernement.
Comprenez : il faut permettre aux affairistes d’assouvir leurs intérêts sans l’entrave du droit des tiers et de la Nature.
Cet amoralisme est revendiqué sans trouble de la conscience et présenté aux bons peuples comme un gage d’efficacité.
On ne va pas s’embarrasser des recours des particuliers et des associations qui retardent les superbes projets des élus et de leurs copains entrepreneurs privés (de scrupules).
Pour ces tenants de l’idéologie « affairiste », il conviendrait de supprimer le code de l’environnement et le code du travail.
Plus de ces affreuses normes qui empêchent d’exploiter, d’asphalter, de bétonner, d’épandre du pesticide, de tuer l’oiseau migrateur, de cultiver le profit et la tradition.
Le gouvernement français veut « simplifier » la vie des porteurs de projets et les leaders de droite surenchérissent sur le thème : « assez de droit, de normes, de recours ».
Le juge ne saurait démentir l’élu, souverain suprême.
Car il faut aménager, c’est-à-dire déménager la Nature.
Au congrès de la Coordination Rurale, le président du syndicat agricole demande la suppression des agences de l’eau, de l’office français de la biodiversité et appelle à « faire la peau des écologistes » (pas moins !).
Appel au meurtre que passeront sous silence des gouvernants pusillanimes, déjà mûrs pour la soumission au futur état fasciste.
Cette idéologie fascisante monte partout dans le monde avec son cortège d’assassinats de masses, de dictatures, de manipulations des opinions publiques par l’abrutissement complotiste.
Que pouvez-vous faire amis écologistes, animalistes, défenseurs des droits de l’homme, gens de mieux ?
D’abord, vous devez comprendre le processus délétère à l’œuvre, car cette compréhension de la gravité du mal est la condition première d’un sursaut des consciences.
Puis, après le diagnostic, vous devez refuser les divisions, les querelles subalternes, dans un esprit qui fut celui de nos pères au sein du conseil national de la résistance.
Bien sûr, je connais les différences, les nuances, les contradictions, les ambitions individuelles qui minent la vie publique.
Mais tout cela est dérisoire face au péril régressif, au naufrage de la civilisation auquel nous assistons.
Vos différences, vos nuances, vos contradictions mêmes sont des richesses de la pensée.
Nous aimons la Nature parce qu’elle est diverse.
La diversité des opinions, des structures sociales fait votre force face aux ennemis de la Terre.
Unissez vous !
Demain, il sera trop tard.

Vous contestez un permis de construire dans votre immédiat voisinage, un arrêté préfectoral qui autorise la tuerie d’une espèce animale, un règlement administratif, une déclaration d’utilité publique d’une autoroute.
Vous saisissez le tribunal administratif pour lui soumettre votre contestation.
Un maire, un président de département, de région, un ministre commettent des malversations, des abus de pouvoir, des délits ou des crimes, ils en répondent devant un tribunal judiciaire.
L’article 6 de la Convention Européenne des Droits de l’homme et des libertés fondamentales prévoit que toute personne doit voir sa cause entendue, dans un délai raisonnable, par une juridiction impartiale.
Tels sont les principes de l’état de droit qu’une idéologie perverse remet en cause actuellement.
Nous assistons à un schisme au sein des sociétés démocratiques aussi discriminant que le schisme religieux dans l’Europe du 15ème siècle.
Pour les démocrates, tenant de l’état de droit, les pouvoirs doivent être séparés pour se limiter, se contrôler, se tempérer, selon l’esprit des lois de MONTESQUIEU : pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire.
Emerge, de nos jours, une idéologie « populiste autoritaire » qui nie cette ventilation du pouvoir étatique.
Pour ces « illibéraux », néofascistes, tout pouvoir émane du peuple et la souveraineté du peuple ne saurait comporter de frein, de limite, de tempérament.
Le juge n’a pas le pouvoir, au nom d’un état de droit relativisé, de mettre obstacle à la volonté du peuple.
Si votre maire, votre président de département et a fortiori le chef de l’état décident, nulle autorité juridique dépourvue de toute légitimité na saurait contrarier la volonté de l’élu paré de l’onction du suffrage populaire.
Pour les « illibéraux », un tribunal ne peut pas, contre la volonté du Peuple souverain condamner un élu, annuler ses règlements au nom d’un droit supérieur, des droits de l’homme, des libertés fondamentales d’autrui dès lors que cet autrui se place hors du Peuple souverain en osant contester l’autorité de l’état « illibéral ».
Les extrêmes-droites aux USA et en Europe dans les propos des leaders de cette doctrine, fustigent le pouvoir des juges, les droits de l’hommisme, les cours suprêmes.
Ainsi, j’ai entendu un tel leader français remettre en cause la compétence, pour la France, de la Cour Européenne des droits de l’homme.
Ces tenants du « populisme souverain » s’insurgent contre les tribunaux qui osent condamner les hommes politiques lorsque ceux-ci violent les lois justes bonnes pour les citoyens ordinaires.
Le « trumpisme » est par excellence représentatif de cette idéologie qu’assument en Europe les partis politiques « nationalistes souverainistes ».
En fait, cette invocation du « souverain suprême », au-dessus des principes fondamentaux du droit, n’est que l’annonce d’une dictature.
En effet, aucun parti, aucun élu ne peut se réclamer du Peuple souverain puisqu’il n’est jamais que le représentant d’une majorité relative, fragile, fugace.
Si 40% de citoyens d’un pays accordent au premier tour d’une élection leurs suffrages à un parti, cela ne lui confère nullement le pouvoir de bafouer les droits des tiers, même s’il obtient une majorité de circonstance au second tour des élections.
En démocratie authentique, une minorité d’un jour, majorité du lendemain, peut voir sa cause, ses libertés, ses droits fondamentaux garantis par des juridictions impartiales contre les empiètements de l’état.
Inversement, en régime « National populiste », les « illibéraux », aspirent à la dictature et à la conquête d’un pouvoir qu’ils entendent monopoliser, perpétuer en niant les droits des réfractaires trublions dénoncés comme « révolutionnaires » et « écoterroristes », .
La « souveraineté du peuple » brandie par l’extrême-droite n’est que la dictature du duce et de son parti dès lors qu’ils ont obtenu, par accident de l’Histoire, une majorité de 51% des suffrages, un jour de malheur.
Il n’y a de société fondée sur le droit, respectueuse des libertés, que dans la séparation des pouvoirs.
Ma chronique du jour vise à expliciter ce grand schisme contemporain qui n’a rien d’abstrait mais comporte des incidences très concrètes pour les droits des citoyens, des associations, des syndicats, des partis politiques.

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