Les boucliers de la finance

L’humain et la nature ont un ennemi commun : la finance.
Elle a des noms et des visages. Elle représente une très petite oligarchie regroupant moins de 1% de la population mondiale. Pour ce groupe d’individus dont les revenus sont supérieurs à cent mille euros par mois et les fortunes à plusieurs centaines de millions d’euros, les autres hommes sont des « gueux », y compris ceux qui leur servent de piétailles et qui s’imaginent « bourgeois ».
Naguère, au temps de la « lutte des classes », l’ouvrier et l’ingénieur, le paysan et le médecin, l’employé des postes et le notaire, tout en s’affrontant, « faisaient société ».
Aujourd’hui, entre les citoyens et les « amis des présidents », il y a deux mondes à l’instar de la société du 18ème siècle entre le tiers-état et une noblesse qui, comme les immenses fortunes du jour ne se donnait aucun mal « si ce n’est celui de naître ».
Pour les oligarques, il convient d’anesthésier et d’halluciner pour maintenir l’ordre injuste et toxique.
D’où l’appétence de ces ploutocrates pour l’achat et le contrôle des organes de presse écrite, parlée et télévisée.
En France, neuf oligarques possèdent 80% de la presse ce qui assure la maîtrise du pouvoir de l’opinion commandant les autres pouvoirs.
La croissance économique globale s’accompagna d’une augmentation du bien-être de la population durant les trente années qui suivirent la guerre.
Désormais, cette croissance génère plus de troubles et de nuisances que de bien-être car elle ne profite qu’à cette très infime minorité parasitaire qui capte les bénéfices du « progrès » au détriment de la biodiversité et des humains « ordinaires ».
En France, ces dernières semaines, nous avons assisté à un sursaut de colère et d’indignation du peuple, malgré les anesthésiques et hallucinogènes.
Il en résulta un spectaculaire numéro de prestidigitation des agents du Marché, des entreprises et de la finance.
Sur un mode dramatisé, dans un décor de casses puériles par des mauvais enfants turbulents, le chef de l’Etat confie sa prise de conscience de la souffrance de ce peuple, la veille ignoré.
Or, en vérité, que proposent les gouvernants, oublieux du bien public ?
Une augmentation de cent euros par mois de la prime d’activité, payée par les caisses d’allocations familiales aux attributaires du SMIC, une défiscalisation des heures supplémentaires pour les salariés du privé appelés à faire des heures supplémentaires et une défiscalisation des primes de fin d’année versées par les entreprises selon leur bon vouloir.
Ainsi, le peuple obtient d’une main ce qu’on lui prend de l’autre car qui assumera le coût de ces « cadeaux » de Noël ? : les classes moyennes sans qu’il soit touché le moins du monde aux intérêts bien gardés de la finance et des oligarques.
C’est l’Etat qui gratifie d’une aumône le bon peuple, tout en protégeant les privilégiés.
En France, à l’instar de ce que l’on observe partout ailleurs, rien n’est entrepris pour remédier à la fracture sociale immense qui sépare le peuple et cette poignée d’oligarques qui font les présidents et dont les présidents deviennent les syndics dociles.
Cette fracture sociale, cette dérive de deux mondes totalement séparés, cette main-mise de la finance sur les médias et sur les Etats sont occultées par la presse qui préfère entretenir les ressentiments entre les citoyens « ordinaires », cherchant à opposer les uns aux autres et à alimenter des rivalités internes entre les catégories et les strates professionnelles.
Que fallait-il faire, en urgence, pour remédier à la rupture entre le peuple et l’oligarchie ?
- Rétablir un impôt sur la fortune atteignant tous les milliardaires, y compris ceux qui résident plus de six mois par an à l’étranger ;
- Instaurer un prélèvement à la source de l’impôt sur le chiffre d’affaire des firmes multinationales ;
- Supprimer, le double cadeau fait aux entreprises, d’un montant de quarante milliards d’euros d’argent public, du fait du cumul, pour cette année, du CICE et d’un abattement de vingt milliards ;
- La suppression de la majoration de la CSG et l’indexation des pensions de retraite ;
- L’instauration d’un revenu minimum pour tout citoyen ne bénéficiant pas d’un minimum vital décent.
- Dans l’ordre politique, prévoir un référendum révocatoire des élus, instaurer la proportionnelle intégrale, supprimer le sénat conservateur et clé de voûte d’un système, cesser de financer l’intérêt général par l’emprunt auprès de la finance mondiale.
En revanche, pour la petite histoire, je demeure favorable à la limitation à 80 kilomètres-heure, de la vitesse sur route car cela sauve des vies animales et humaines.
Méditons cette invitation de LA BOÉTIE :
« Refusez d’obéir et vous voilà libres ».
Ne lâchez rien.
Liberté, égalité, fraternité reprendront sens lorsque la dictature de la finance sera abattue et lorsque les nécessaires distinctions sociales seront fondées sur l’utilité commune, lorsque l’élite sera une élite, lorsque la vie prévaudra sur l’argent.

Gérard CHAROLLOIS

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