Le génie de la France

Avec les miasmes réactionnaires qui empestent notre époque, DIDEROT, VOLTAIRE, ROUSSEAU et leurs héritiers spirituels de 1789 sont passés de mode et le
roi, les contre-révolutionnaires, les chouans, Louis de BONALD ou Joseph de MAISTRE sont tendances.
Rassurez-vous, même en matière intellectuelle, la mode est ce qui se démode.
Les faiseurs d’opinion, les propriétaires des trompettes de la renommée toujours bien mal embouchées, veulent retarder la chute des néo-féodaux, la salutaire
révolution d’aujourd’hui dont le discrédit jeté sur celle d’avant-hier diffère d’émergence.
Présentement, deux humanités s’observent : les gens ordinaires gagnant moins de cinq mille euros par mois, condamnés aux sacrifices et aux régressions, et l’oligarchie, premiers de cordées gagnant plus de cinq mille euros par jour.
Les seconds détruisent le vivant pour accroître leurs profits, vicient les élections pseudo-démocratiques par la propagande, constituent une communauté supra-nationale et mondialisée qui veille au maintien du système spéculatif et inégalitaire, système qui nie le mérite et célèbre la cupidité.
Les « hommes d’affaires » ne peuvent pas relever le défi du choc des civilisations car face aux fondamentalismes religieux, ils n’opposent aucune valeur et se retranchent derrière leurs missiles et leurs drones au lieu d’assumer une éthique radicalement contraire.
L’épée ou le canon ne suffisent pas à sauver une civilisation.
C’est dans l’affirmation de valeurs nouvelles que l’humanité échappera à la nuit sanglante et sinistre promise par les fondamentalismes religieux pourvoyeurs de sacrifices humains et animaux, de guerres de conquêtes et de soumissions abrutissantes.
Or, la France a une vocation universelle et peut offrir au monde une nouvelle révolution qui, transcendant les droits de l’homme, proclame ceux du vivant dans la fraternité, le refus fondamental de la violence, l’amour de la nature et le service de la vie.
Bien sûr, avec la FNSEA, le lobby chasse, pesticides, béton et traditions, nous partons de loin.
Nous ne sommes guère les plus évolués sur la voie de la civilisation du respect du vivant.
D’autres font moins mal que nous.
Mais si les Anglais tuèrent leur roi avant nous et les Etats-Unis élaborèrent une noble déclaration d’indépendance dès 1776, il revint toutefois à la France de faire vivre les principes des Lumières que ses philosophes avaient illustrés si brillamment que tous les peuples s’en inspirèrent dans leur marche vers l’émancipation.
Alors, la révolution biocentriste, celle qui réconciliera l’humain et la biosphère, s’inventera-t-elle en ce pays messianique par nature ?
La France partage avec les USA cette dimension universaliste qui appelle aux principes éthiques par-delà les vulgaires impérialismes et la quête mercantile du profit.
A l’évidence, les dirigeants actuels de ces deux pays, issus du monde des « affaires », tournent le dos à cette vocation « traditionnelle ».
Evidemment, ce jour-là, celui de la rupture avec l’affairisme sordide, lorsque l’Histoire se mettra « en marche », les banquiers, les veneurs, les agro-industriels ne feront plus les lois.
Je n’appelle pas à une réforme en faveur de l’écologie et du social, mais à une rupture avec une logique mercantile et cruelle dont vous pouvez mesurer la nuisance quotidiennement.
Cette rupture se fera par les mœurs et le droit, sans violence, sans les massacres qu’exigèrent les circonstances de la révolution de 1789 confrontée aux monarchies absolutistes de ce temps.
Dans le système actuel, trop de « premiers de cordées » destructeurs de la nature, empoisonneurs des sols, des eaux et des aliments pour faire de l’argent devraient être en prison pour leurs atteintes à la biodiversité et à la santé des autres hommes.
En revanche, ceux qui par leurs recherches et leur travail font reculer la souffrance et la mort, améliorent la condition des êtres vivants et servent le bien public mériteraient davantage de reconnaissance de la société à laquelle ils apportent tant.
Actuellement, seules les spéculations, les magouilles, les montages financiers bidons signent l’entrée dans l’oligarchie qui n’apporte rien de bon au monde.
Une nouvelle révolution s’impose lorsque l’élite n’est plus l’élite mais une voyoucratie qui fait la loi.
Les dirigeants politiques du jour célèbrent le « travail », alors que leurs commettants n’ont jamais rien fait d’autre que spéculer. Ils invoquent la «patrie », alors que leur patrie est le monde de l’argent. Ils parlent « d’efforts », alors que leurs pouvoirs ne servent que les privilèges de ceux qui les ont fait élire.
Voilà pourquoi je ne collabore pas, pour protéger la nature, avec ces gouvernants dont je connais la duplicité et la soumission aux intérêts des lobbies.
Lorsqu’ils arbitrent un conflit entre des espaces naturels et des projets d’aménagements des « premiers de cordées », entre des chasseurs et des espèces sauvages, entre des pollueurs et les impératifs de santé publique, ils le font systématiquement contre le vivant et pour ceux qui financent leurs campagnes électorales ou représentent des relais utiles.
Parce que la France proclama les droits de l’Homme, en sortant des ténèbres obscurantistes de la théocratie, il lui appartient de dépasser ce stade et d’adresser au monde une déclaration des droits du vivant.


Gérard CHAROLLOIS

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