La mort et l’Occident

Pour oublier le terme du voyage, le passager se distrait à remplir, contempler, faire et défaire ses valises.
Le « libéralisme économique » tient lieu de drogue hallucinogène occupant les pensées et les énergies pour que l’humain n’ait plus à penser sa finitude.
Comment accroître son revenu, son capital, quel nouveau modèle de voiture à acquérir, quel smartphone, quelle promotion professionnelle, quel placement spéculatif et quel voyage à entreprendre pour meubler la vie ?
La société consumériste console l’homme-enfant par des bonbons et des jouets remplaçant désormais les opiums du peuple que furent longtemps les religions.
Je ne dénoncerai pas ce consumérisme consolateur puisqu’il faut bien admettre que depuis toujours et encore pour assez longtemps, les humains ont besoin de se raconter des histoires, non pas à « dormir debout » mais à « tenir debout ».
Les mythes merveilleux, contes dignes de Papa Noël, les fables et fantasmes farfelus permirent aux hommes, durant des millénaires, de surmonter l’angoisse, apportant une réponse clé en mains aux interrogations les plus fondamentales.
Avec les Lumières, les acquis des connaissances qui, tel un horizon, repoussent toujours plus loin les brumes mystérieuses des mythes, il fallait autre chose aux hommes du matérialisme et de la raison.
A défaut de mieux, la société contemporaine offre l’ivresse de la consommation, de la possession, de l’avoir et du faire, contraignant notre voyageur à s’occuper de ses bagages qui ne lui serviront à rien lorsqu’il parviendra au terme de son voyage.
Le sage pourra accabler, admonester, railler la futilité et la nocivité du temps.
Je le comprends mais je l’inviterais à dépasser sa sagesse et s’élever à ce haut degré de compréhension qu’apporte le surplomb de la vie.
Le « libéralisme économique » célèbre la jeunesse, l’action, l’entreprise, la boulimie, l’enrichissement frénétique, la compétition, la concurrence, l’innovation parce qu’il ne peut pas répondre à la question fondamentale : qu’est-ce qu’une vie ?
L’Avoir supplée au déficit de l’être.
Oui, la mort est un scandale auquel ne remédient plus les vieilles billevesées de naguère. Heureux le fanatique qui devenu cadavre jouira de 66 vierges durant son éternité ?
Et les vierges, de quoi jouiront-elles dans l’éternité ?
Nous, humains de raison, sommes condamnés à trouver d’autres réponses à celles héritées de l’Histoire.
Nous savons qu’une cause vaut par-delà toutes nos interrogations : celle de la vie.
Vie de tous les êtres sentients qui possèdent un intérêt à vivre et à ne pas être soumis à la souffrance physique et morale.
Or, l’Occident, devenu norme mondiale, privilégie sa drogue au combat pour la vie.
Exemple : comparez les budgets publics et les financements privés affectés à la mise au point d’armements ou de gadgets et ceux investis au service de la vie.
Pour l’heure, le « libéralisme économique » mène à la mort de la biosphère pour étourdir les contemporains par une course éperdue à la consommation au lieu d’œuvrer à faire reculer la souffrance et la mort de chaque individu.
Alors, l’homme de demain s’élèvera-t-il à la hauteur de ses mythes et deviendra-t-il totalement puissant et totalement bon, ou notre espèce ne sera-t-elle qu’une impasse de l’évolution ?

Gérard CHAROLLOIS

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